Une journée inoubliable pour dame Elisa, âgée de 80 ans, dont le parcours est marqué par l’épreuve, mais aussi par la résilience et l’espérance.
À l’âge de 73 ans, elle avait été contrainte de quitter le domicile conjugal, accusée d’être à l’origine de plusieurs malheurs au sein de sa famille et de son village, dont la mort d’une de ses belles-filles, la maladie mentale d’un de ses petits-fils et même le chômage de certains jeunes. Des accusations lourdes, qui l’ont plongée dans une profonde solitude. Rejetée, elle avait trouvé refuge chez son petit frère, qui l’a accueillie et soutenue pendant sept (7) longues années.


Mais le 8 avril 2026, son histoire a pris un tournant décisif, celui de sa réinsertion. Au moment de quitter la maison de son frère, l’émotion était palpable. Ses belles-sœurs, partagées entre la joie de la voir retrouver sa place et la tristesse de son départ, n’ont pu cacher leurs sentiments. Son frère, quant à lui, peinait à contenir son émotion après ces années de vie partagée, de solidarité et de protection.
Dans une atmosphère empreinte de larmes et de soulagement, elle a repris le chemin de son foyer conjugal. Sur place, l’attendaient avec impatience le chef du village, ses enfants, ses belles-filles et ses petits-enfants, prêts à l’accueillir à nouveau parmi les siens. Au cours des échanges, le chef du village a laissé entendre qu’il entreprendrait des causeries dans le but de sensibiliser et de lutter contre l’exclusion.


Fait marquant, cette réinsertion constitue une première dans cette localité de la région du Nakambé. Elle suscite déjà des perspectives encourageantes, comme en témoignent les propos du chef du village.
Cette réinsertion sociale a été rendue possible grâce à l’accompagnement de la Commission épiscopale Justice et Paix (CJP-Burkina) et à l’appui financier de Misereor, engagée dans la lutte contre l’exclusion. En plus d’un kit alimentaire d’une valeur de 50 000 FCFA, elle a bénéficié d’un soutien financier de 50 000 FCFA pour répondre à ses besoins immédiats.

Au-delà d’un simple retour, cette réinsertion est un symbole fort : celui d’une dignité retrouvée, d’un lien familial restauré et d’un espoir renouvelé pour toutes les personnes victimes d’exclusion.