À 63 ans, dame Kuilga Tempoco a enfin retrouvé la chaleur de son foyer après une longue période marquée par l’exclusion et la douleur.
En 2016, sa vie bascule. Accusée de sorcellerie à la suite du décès d’un enfant dans son village, dans la province du Passoré, elle est contrainte de quitter son domicile, laissant derrière elle son mari, ses six (6) enfants et toute une vie construite. Elle trouve refuge au Centre Delwendé, où elle passera dix longues années loin des siens.

Mais avec le temps, les efforts de sensibilisation et de médiation communautaire finissent par ouvrir une nouvelle voie. Touchées par ces démarches, les autorités coutumières prennent une décision forte : permettre le retour des personnes exclues par allégation de sorcellerie qui le souhaitent, dans une dynamique de paix et de cohésion sociale. Saisissant cette opportunité, son mari et ses enfants entreprennent les démarches nécessaires pour la ramener à la maison. À cet effet, pour l’accueillir dignement, ils lui ont construit une nouvelle maison, marquant ainsi un nouveau départ.

Le 5 mars 2026, jour de son retour dans sa famille, restera une date gravée dans les mémoires. L’émotion est palpable. Elle est chaleureusement accueillie par son mari, sa belle-famille et un voisinage venu témoigner de ce moment.
Tour à tour, les membres de sa famille expriment leur joie et leur soulagement. Son mari, particulièrement ému, exprime sa gratitude envers le Centre Delwendé pour avoir pris soin de son épouse, ainsi qu’envers la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina pour son accompagnement dans ce processus de réinsertion.

Pour garantir une autonomie durable et faciliter sa réintégration socio-économique, la CJP-Burkina a doté dame Kuilga d’un kit alimentaire d’une valeur de 50 000 FCFA ainsi que d’un soutien financier de 50 000 FCFA pour répondre à ses besoins immédiats. Elle a également été encouragée à identifier une activité génératrice de revenus (AGR) qui sera financée afin de reconstruire progressivement sa vie.

Cette action s’inscrit dans le cadre de l’Initiative pour la Consolidation de la Paix et la Cohésion Sociale au Burkina Faso, et illustre l’engagement de la CJP-Burkina et de son partenaire Misereor dans la lutte contre l’exclusion sociale et pour la dignité humaine.